Créer me manque

29 octobre, 2009

J’ai du y prendre goût, sans conscience. Avoir le pouvoir de créer, faire enfin émerger une idée dont la gestation fût généralement longue et douloureuse. A cet instant c’est un peu une drogue à laquelle je m’accroche comme pour se sentir exister. En fait, il n’y a vraiment rien de tel.
Pourtant je donne un peu l’impression d’un dégénéré cherchant, avec prétention, un graal inaccessible. Alors j’écris un CV, je me retourne pour demander, je questionne. Pourtant, monter à Paris, est-ce une idée ? Il me serait impossible de définir aujourd’hui le sentiment ressenti lorsque pour la première fois de ma vie, j’ai posé le pied seul dans cette ville, mais je crois pouvoir affirmer qu’à partir de ce moment là, il était trop tard. Je voudrais y vivre, je voudrais surtout m’y plaire.
Alors en effet, je manque cruellement de diplômes, peut-être même de capacités. Pourtant l’envie ne se contrôle plus, elle s’est petit à petit transformée en une nécessité illusoire.

J’essaie d’avancer, de proposer, de réussir ce projet fou. J’y crois, parce qu’il me semble qu’un profil comme le mien pourrait apporter à une entreprise, qu’il me serait facile d’apprendre et d’évoluer.

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Je veux Paris. Je veux ce travail. Je veux cette revanche.

Vous trouverez mon CV, si vous connaissez ou croyez connaître quelqu’un susceptible de m’aider, je vous laisse le soin de me contacter par le moyen qui vous semble le plus adapté.

Synopsis : Notre identité est un vêtement dont notre enfance a dessiné les coutures. La présence de ceux qui nous ont élevés, nos parents, a été fondatrice de ce que nous sommes. Mais que se passe-t-il quand il s’agit d’absence ? C’est une des questions posées par notre histoire.
Entre 7 et 20 ans, Thomas a recherché Julie, sa mère biologique. A l’insu de ses parents adoptifs, il va retrouver cette femme qui l’a abandonné à 4 ans et commencer auprès d’elle une « double vie ». Mais « qui a deux maisons perd la raison… » dit le proverbe.

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Il y a quelques jours j’étais au cinéma pour profiter du tarif Art & Essais, qui dans nos provinces n’est qu’à 5€50. Pour ce prix vous avez droit à une salle qui n’est ni climatisée, ni chauffée, avec une odeur de moisissure à vous faire perdre connaissance. Mais, la prime du chef c’est le retour du mur ; provoquant un manque de visibilité sur toute la partie gauche de l’écran (digne d’un LCD 22″ bon marché). Qu’à cela ne tienne, j’avais envie !
Le film est fidèle d’un cinéma français de niche : des paysages superbes, une qualité quasi photographique de chaque plans, l’impression de dérouler sous ces yeux une volonté d’un beau extrême. Et parfois, ça manque cruellement de vivacité. Le lien entre le fils et cette mère inconnu, cette quête, c’est au départ un sujet qui m’exaspère. Je n’arrive pas à comprendre comment un enfant, élevé dans une famille normale, se voit obligé d’aller « récupérer ses origines ». Je pars du principe que s’il n’avait jamais su, s’il avait été échangé a la maternité, alors sa vie n’aurait rien eu d’anormale. Pourtant, les conditions objectives auraient été les mêmes. Vous me direz, ici le film fait correctement les choses ; il met en oppositions la visions d’un enfant de cinq ans avec celui d’un nourrisson. Le premier (à l’affiche du film) fera de sa vie une croisade pour retrouver sa mère, quant à l’autre il se contentera de la vie qu’il mène.

J’ai aimé la film pour les symboles qu’il met en avant. L’accession a une mère et ses fantasmes. Pour la qualité des images et le thème traité sans qu’à aucun moment ne vienne se fourrer des hypothèses psy stupides. Ce film apporte beaucoup sur la vision des relations parents/enfants, au delà même de l’adoption, il raconte l’histoire d’amour qui peut naître entre deux personnes rassemblées par quelque chose dont ils ignorent tout. Difficile de jauger combien ce film peut vous apporter, de décrire l’histoire en sortant du synopsis ; et pourtant il ne laisse pas indifférent.

Un film que je conseille donc vivement à tous les amateurs cinéphiles, et à tout ceux qui aurait voulu voir leur relations avec ses propres parents évoluer différemment.

Le livre évoque l’histoire d’un homme Polonais, informateur du gouvernement en exil à Paris. Il se déroule en partant de 1942 pendant la seconde guerre mondiale, et relate l’entrée dans la résistance ainsi que les différentes épreuves liées à l’incompréhension générale pendant la période de guerre et d’après guerre. Il reprend le livre autobiographique parlant de ces mêmes faits, ainsi que le passage dans le film de Claude Lanzmann : « Shoah ».

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C’est d’ailleurs grâce à ce film que j’ai commandé le livre. En errance sur la griffe noire, j’ai vu dans les critiques de Gérard Colard ce livre, dont le nom me disait quelque chose, et la critique aura fini de me convaincre. Il s’agissait du récit de la vie de cet homme bouleversant que j’avais vu, la boule au ventre, il y a quelques années (j’étais au collège, pensez donc) dans Shoah.
Pour autant, je n’ai pas totalement apprécié le livre. Il se sépare en trois parties, annoncées dès le départ : la première reprend le livre, la seconde le film, et la dernière n’est que pure fiction. Autant les deux premières parties ont un intérêt historique non négligeable, elles font prendre conscience de l’immense complexité d’un conflit mondial, de l’imbrication quasi infinie des intérêts nationaux, et d’un mensonge que nous avons tous voulu ignorer ; jusque dans les livres d’Histoire. Pourtant la dernière partie, le fantaisiste donc, se veut trop cinématographique. Elle en impose par les descriptions et l’adaptation des deux premières parties dans un espèce d’imaginaire géant, ça y perd alors en qualité d’écriture. Rapidement, ça ne tient plus bien la route, l’auteur nous lasse rapidement, il insiste beaucoup trop. Provoquant des images insoutenables, mais inutiles. Elle n’est pas vraiment longue, pourtant elle suffit à nous donner envie d’en finir, de ne pas s’arrêter sur cette vision là du roman. La dernière phrase ne conclut rien, pas même un paragraphe. A mon sens, c’est une fin véritablement ratée.

Et puis parce qu’on ne peut pas imaginer la fin, imaginer ce que le témoin n’a pas raconté. Tout le livre on vous dira que le témoin ne s’appartient plus, il appartient à l’Histoire, il ne sera jamais autre chose que celui qui témoigne. En créant cette illusion, en remettant au centre l’invention, on retire de la crédibilité à son témoignage. Laissant imaginer pour le final qu’il vaut peut-être mieux imaginer que croire. La vérité n’est pas assez glorieuse, elle ne se suffit pas, il lui faut du mensonge pour pouvoir exister ? Je ne le crois pas. Ce mensonge, présenté comme tel, n’apporte vraiment rien, et empêche de finir correctement la seconde partie, sans apporter de conclusion pertinente.

Le livre vaut le détour, vraiment, pour  ceux qui aiment l’Histoire, ou qui sauront le lire comme l’histoire d’un être dont le destin est fabuleux pour l’Homme, mais obscène pour lui-même. Pour la fin, ne vous attendez pas vraiment à de la grande littérature.

Il y a cette phrase qui résonne encore dans mon esprit. Au delà de la violence même des mots, il a cette signification profonde, une séparation ferme ; l’expulsion pure et simple de la vie d’un être. Au départ j’étais réellement énervé de cette décision, révolté qu’il puisse un jour y parvenir, je vivais l’action comme elle me parvenait : floue.
Aujourd’hui, a l’heure où j’ai décidé d’écrire ces lignes, je n’ai plus cette boule au ventre qui m’empêche de l’évoquer. Un mois déjà. Pourtant je garde le goût amer de l’injustice. De mon côté j’ai, à de nombreuses reprises, voulu éviter une perte totale, comme pour ne pas nier que huit années ne se gomment pas d’une seule phrase, j’ai voulu imposer un lien, pour que le raisonnable revienne au goût du jour. Puis finalement, à force d’essais infructueux, j’ai compris cette chose destructrice : les efforts sont vains.

Pourtant, il faudra en faire. Soit pour aller de l’avant, soit pour supporter ce comportement horrible. Dans les deux cas, la réaction ne sera pas naturelle, elle sera forcée, ridée.

Est-il réellement possible de nier, que nous avons tout partagé. A cet instant du récit, je meurs d’envie de faire une énumération de ce que nous avons pu vivre. Lui jeter dans la face, lui hurler que je n’étais pas un monstre, que l’homme qu’il décrit, ce n’est pas moi. Enfin lui faire entendre que cette vision n’est pas la bonne, qu’il n’y a rien de réel dans ce qu’il refuse, mais il se permet de me rejeter. Parfois, j’ai envie de qualifier cette situation de burlesque ; je me vois bien hurlant cette vie, chaque moments passés en commun, l’obligeant par la force a entendre une autre réalité que celle dont il a fini par se convaincre. Ce serait exagéré, n’est-ce pas ?

Comment peut-il se réveiller avec la lampe que je lui ait offerte, laisser le tableau accroché au mur, jouer sur la ds, écouter de la musique sur l’iPod, regarder la télé, comment peut-il faire toutes ces choses alors même qu’elles devraient lui rappeler l’horreur que je suis ? Il n’est pas en colère, paraît-il, a la limite ça aurait été préférable. Ai-je droit a de l’indifférence ? Alors ces années, ces promesses, ça n’aurait été que mensonge ? Il y a trop de fois où j’ai entendu l’importance de mon avis dans la vie de cet être, trop de fois où des preuves d’amour me sont parvenues, pour qu’aujourd’hui j’accepte sans sourcilier qu’il faille s’oublier, oublier.

Ces départs sur Paris, ces balades, ces soirées, ces cinémas, ces bancs, ce collège qui nous aura vu naître, ce lycée qui nous aura réunit.

Je finirais par cette citation de Verlaine :
« et surtout soyons-nous l’un à l’autre indulgents ».

Today !

18 octobre, 2009

J’ai twitté !
J’ai changé de photo de profil facebook !
J’ai créé une page google profil : http://www.google.com/profiles/baptiste.franchina
Et j’ai switché vers google reader !

Ah j’ai pas rien fait !

Adieu Paris, bonjour Paris.

5 octobre, 2009

Un aller-retour. 112€. 6h de TGV.
Pour ?
Encore aujourd’hui je me le demande. Quelle était l’utilité profonde de ce voyage, qu’étais-je simplement venu chercher ?

Dès l’arrivé j’ai compris ce qui m’attendais. Le style, l’attitude, l’ambiance. J’ai vu ce a quoi j’étais confronté, l’étendu du problème, ce qu’il allait falloir traiter. Avec cette perspective pourtant, je n’ai rien pu produire d’utile. Le débat n’aura pas avancé d’un centimètre. Je reste persuadé qu’il y a une profonde injustice dans ce traitement, une amertume qui ne passera certainement jamais, et pour autant j’en connais et comprends les causes.
Les années ne doivent pas compter, paraît-il, dans ce qui nous est redevable. Pourtant, intimement, je suis persuadé du contraire. J’ai offert plus de trois années, entières, plus de 8 années partielles, alors ne pas avouer qu’un espoir d’infini était né serait mentir. Quel intérêt de mentir aujourd’hui ?

Jusqu’à lui le sentimentalisme était proscrit. Toujours capable d’effacer une personne, jusque dernièrement mon propre père, mais lui jamais. Cet argument même, n’aura eu aucun effet. Étonnement je blâme autant ses amies, dont le jugement n’ira jamais à l’encontre de ses idées.

Alors oui, j’étais au fait que cette situation allait se présenter. L’espoir de l’éviter, en montant simplement sur Paris, m’a animé longtemps. J’ai du regret sur la forme qu’à prit la situation, comme si les phrases souvent répétées n’avaient aujourd’hui plus d’intérêt.

Ce matin, un homme est mort.

29 septembre, 2009

Je n’arrive a obtenir aucune réponses dignes, pas même une explication qui puisse paraître logique. Le refus simple et brutal d’engager un dialogue avec moi, alors que les kilomètres nous séparent, vient d’engager une accélération rapide du processus de réflexion.
Consciemment j’ai fait un choix, celui de ne pas vivre sans, aujourd’hui je l’assumerais absolument jusqu’au bout, sans qu’aucune concessions ne puissent être faites. Et malgré mes explications, la situation ne s’améliore pas, voire s’empire.

Aujourd’hui ou vendredi, mais ce sera un nouveau jour pour moi.

T’as 19 ans et tu veux mourir

27 septembre, 2009

Il y a des années de sa vie, offertes, pour lesquelles on attendait pas grand chose. Une réciprocité basée sur une volonté commune. Et puis un jour, l’un des deux maillons flanche, il cesse de donner cette réciprocité, de donner sens au jeu. Du jour au lendemain c’est la fin. La fin d’une existence pacifique, la fin d’une idylle ridicule.
Qu’ai-je réellement fait pour que le maillon se casse ? Aucune idée. Les explications irrationnelles n’auront malheureusement pas suffit à me convaincre. La nostalgie que je connais depuis si longtemps reprend le dessus, mais avec cette idée qu’une nouvelle étape vient d’être franchie. Cette fois-ci c’est certain, la vie ne vaut pas la même chose. A ceux qui me disent de rencontrer d’autre, que c’est trop frais, il me faut leur opposer cette connaissance de la rupture. La perte a déjà été présente dans notre histoire, et ce fût trois années de misère. Aujourd’hui mon cerveau me hurle qu’il en va de même pour cette rupture, mais a la différence près que cette fois-ci, la relation était plus élaborée, et qu’un seul des deux a pris la décision. Décision qui, de part son caractère ferme, s’impose aux deux partis.

La mort n’a jamais été vraiment absente de mon esprit. Depuis bien longtemps, je rêve d’avoir le courage le jour venu de faire ce que la vie me doit : reprendre le contrôle. Ce jour est-il réellement venu ? L’idée me traverse l’esprit, l’envie me gagne, mais pourtant le doute me ronge. Peut-être suffit-il de laisser un peu de temps, pour regagner la chaleur d’un cœur ? Pas n’importe lequel, je n’en aurait jamais qu’un en vu. Pourtant je sais ce qu’il va se passer : le désir de nouveauté va prendre le dessus, je vais devoir vivre le spectacle d’une jalousie, contempler ce changement de vie dans laquelle je ne serais jamais rien. A aucun moment son esprit ne s’ouvrira pour regarder ce que furent réellement ces trois dernières années, l’envie, le désir, son des armes bien trop puissantes.

J’écris pour expurger ce chagrin. Cette peine de la perte, cette méprise du manque de réflexion. J’ai toujours de l’espoir, de prouver mes qualités, de repasser au premier plan, de repartir sur une aventure nouvelle et délicieuse. Pourtant cette décision ne m’appartient pas, la porte reste fermée. J’aurais pensé que jamais ça ne se finirait, jamais réellement nous nous perdrions de vu, parce qu’au fond ce n’est pas trois ans, mais 8 ans d’une aventure quasi commune. Ne pas comprendre qu’un matin la porte soit fermée, que la clef habituelle ne serve qu’à faire jaillir d’innombrable défenses, est une réaction bien normale.

Je veux te regagner.

Aujourd’hui ce fût assez rude. Émotionnellement. Je reste perplexe sur le sort a donner aux évènements. L’impression de se défendre une nouvelle fois contre de l’invisible, contre de l’inutile. La fatigue se fait pressante, la dépression se fait maligne. Aucun auto-diagnostique la dedans, la connaissance d’un sujet peut-être trop a la mode. Quoi qu’il en soit je me vois perdu dans un océan de larmes, de sentiments, de ressentiments, et dans un cul de sac mais sans lumière.
Je cherche a sortir de cette impasse sentimentale, a dépasser ce cap de la simple haine, de la simple rupture.

Vers qui aller ? Quoi en penser ? Simple déception ?
Quelques années d’un travail commun viennent de s’effondrer en une matinée, laissant la place a une violence jusqu’ici inconnue, laissant la part belle a une animosité et une amertume importante.

Il faudra s’y faire. Deux ans – Trois ans – Trois ans – …

Bogue

22 septembre, 2009

Je viens de comprendre un truc : j’ai accumulé deux années de retard