En voila une notion importante dans le travail. Comme me l’a justement fait remarquer ma sœur, lors d’un dîner, il y a quelques temps encore j’étais incapable d’aller acheter une baguette de pain seul. Les changements sont bien visibles. Au delà du simple fait qu’il m’est aujourd’hui plus facile de m’affirmer en groupe, que j’ai fini par admettre que demander des choses aux gens n’était pas forcément mal pris, ça avance. Forcément.

Depuis quelques semaines les mots m’échappent, pourtant je sais combien écrire est important. Un travail de tous les jours, si certaines notions ne s’oublient pas, le style lui est bien éphèmère.
Évoquer la meilleure façon de s’assumer serait me poser, une nouvelle fois, en « connaisseur ». Je m’y refuse aujourd’hui. J’ai pu constater les différences existantes dans la liberté des individus. Je ne peux plus me retourner et critiquer ceux qui font le choix de se voiler la face, même si cette ignorance doit durer une vie. Prendre le temps de les comprendre, prendre le temps de se regarder, prendre le temps d’aider. Ne pas rester borner non plus, certains ont toujours eu besoin d’avancer.
La déception parfois de voir ses efforts réduits, par la peur, par le passé, par l’amour. Comment faire revenir la nature lorsqu’elle a été contrainte pendant si longtemps ? Comment finalement, croire a ses sentiments lorsqu’il faut réapprendre a aimer ? S’assumer était nécessaire, cette phase de transition, cet instant de séparation, cet inconnu pousse les choses. Finalement ça n’est pas un mal. La société nous donne le droit de voter, nous donne l’indépendance juridique, et nous voilà réduit a écouter nos démons. Il fallait que je me refuse a cette condition, je devais l’emporter dans mon élan. Impossible de prétendre être le précursseur de cette folie, mais il faut avouer qu’au moins ma rigueur aura fait de moi l’objectivité.
Évidemment, je néglige forcément le côté charnel, maternel, amical. Peut-être aujourd’hui n’en ai-je plus réellement envie, mais je ne peux plus prétendre me voiler la face, me laisser croire, ne pas voir les faits. Impossible de manger dans le plat sans l’avouer. Quel intérêt ? Jusqu’ici il était important de préserver certaines rencontres… Maintenant elles partent avec les esprits et la distance.
J’ai l’humilité de reconnaître ma peur. Extrême, épuisante, rebutante ; pour autant j’ai le courage de ne pas me laisser faire. Je joue encore le compromis, mais cette fois-ci, j’ai oublié de me mentir a moi-même.