Libération

25 juin, 2009

« (15:19:10) Robin MARET : hier j’ai fait l’amour  »

Il y a déjà quelques temps, j’avais écrit mon idée sur le fait d’accorder les jeux olympiques à la Chine. Ce billet a disparut de mon blog, me laissant donc toute liberté pour recommencer mon idée.

Il ne s’agit pas d’être anti-chinois. Ni d’avoir peur d’une puissance inconnue, capable d’écraser les pays occidentaux. Juste, partir de faits. Accorder des Jeux Olympiques a une puissances forte, en plein développement, est une idée respectable ; ça permet de tirer – inévitablement – le pays par le haut. Pourtant pour obtenir un résultat visible, sur le plan international, il faut l’assortir de conditions. Et c’est vrai, ça a été fait. Il existe bel et bien des conditions obligatoires pour l’organisation des Jeux de 2008, auxquelles la Chine doit s’astreindre.

Et pourtant. Le CIO a attribué l’organisation d’un évènement mondial, à une puissance économique certes, mais aussi à une dictature. Et c’est là que le bât blesse. Comment pouvoir justifier un tel choix ? Il aurait été tout à fait acceptable de leur promettre une organisation, qui aurait été fonction de leur efforts sur les droits de l’Homme, les droit de la femme aussi, le droit de vie ; mais uniquement une fois l’évolution positive constatée. Pourquoi ne pas les obliger à respecter le droit International, se conformer au résolution de l’ONU ? Pourquoi féliciter un pays qui martyrise ses citoyens ? Hormis l’argent, qu’est-ce qui pourrait pousser une comité de pays a offrir un tel cadeau ? Je ne vois pas. Il s’agit bien d’un cadeau sans contreparties. Je me permet de vous rappeler au bon souvenir des expropriations forcées, mais aussi des usines d’enfants utilisées pour les Jeux, ainsi que pourquoi pas la déportation de nombreux habitants. Ces Jeux seraient-ils un chèque en blanc des autres grandes puissances ?

Alors la question se pose maintenant sous cette forme : faut-il que les sportifs boycott les Jeux ? J’ai entendu un membre du gouvernement – pour qui j’avais plus de respect dans le sportif que dans la politique – crier gare, il ne faut pas mélanger sport & politique. Pourtant cet évènement est depuis toujours le spectacle de joutes politiques acharnées ; de l’obtention des Jeux jusqu’à leur cérémonie de clôture. C’est toujours un pays qui souhaite s’afficher au mieux à la face du monde. Alors si ce n’est pour fuir nos obligations, je vois mal d’où sort cet argument complètement bancal. Je crois à la force d’un boycott, mais j’y crois surtout en derniers recours. Il est déjà tard pour contraindre la Chine à se conformer aux normes d’un pays civilisés, mais l’actualité nous aide. Les relations diplomatique doivent être complexes, je n’ose qu’à peine l’imaginer, mais le comportement des pays émergeant est identiques à celui d’un enfant en bas âge. Et si aujourd’hui nous ne prenons pas la peine de se risquer à connaitre une crise, pour pouvoir dire un non ferme et définitif, en acceptant d’éventuelles conséquences, alors demain nous préparons un monde de superpuissances dangereux pour nous tous. Oui, il faut être fort, il faut savoir dire non. Nous ne pouvont pas laisser la Chine profiter d’une image de marque qu’elle va se créer avec les J.O.

Et comme je le disais, l’actualité du moment se plie pour nous donner une dernière chance de rédemption. Faites donc cesser les violences au Tibet – pourquoi ne pas le démilitariser tant que nous y sommes ? -, faites abolir la censure, engagez de larges négociations pour les contraindre aux lois internationales.

Et peut-être, alors, les Jeux Olympiques de Pékin ne seront pas la caricature, la parodie d’un évènement sportif prétendant promouvoir la paix. Ce sera un non-évènement.