Consternation

23 novembre, 2008

Ne soyez pas déçus ! Si je ne vais pas vous parler de mes récents dérapages, sur facebook ou différents blogs, j’ai trouvé un sujet plus intéressant : la nouvelle campagne de prévention diffusée par le ministère de la famille. Avouez, ça a de la classe.

Depuis plusieurs années déjà j’évoque l’idée que la réalité du danger sur internet est plus dans les têtes. Incrustée comme s’il fallait diaboliser les nouveaux outils. Sans nier l’existence de réseaux ou de contenus choquants, le marché de la prévention reste un business. Eh oui, il faut bien vendre les packs de protections, il faut bien vous habituer au filtrage du contenus. Prétextant la protection de l’utilisateur, les pouvoirs publiques, au départ via des campagnes de publicités clairement orientées, vont petit à petit s’immiscer dans le surf de l’utilisateur. Vérifiant les pages, créant des filtres de contenus, instaurant une autorité morale.

Pourtant, qui décide de la moralité ? Si nous sommes régit par des codes sociaux, une certaine norme, cela s’établit selon les époques. Généralement ça suit les lignes de nos penseurs, nos philosophes, nos cinéastes, nos écrivains. En gros, les lignes de pensées de nos sociétés sont largement basées sur une vision artistique du monde (c’est ce que je pense hein, défendez vos convictions). Voilà qu’à partir de maintenant, c’est une autorité politique qui viendrait décider de la moralité. Permettez de moi de m’offusquer. Le politique, s’il doit proposer au peuple, s’il doit écouter le peuple, il ne doit pas oublier qu’il est au service du peuple. C’est pourtant la nouvelle vague : on écoute lorsqu’il y a des élections, ensuite advienne que pourra.

Doit-on faire d’Internet un outil censuré ? Certainement pas. L’éducation, puis la prévention, voilà les deux seuls moyens de réussir à endiguer tous les phénomènes anti-sociaux. Il faudra pourtant apprendre à connaitre les échecs. Parce qu’après tout, c’est le propre de la démocratie : il est impossible, dans ce type de régime, de sanctionner la majorité au profit d’une minorité. Ici on souhaite retirer des droits fondamentaux, en utilisant la peur. La peur n’est pourtant pas un argument…

Plus globalement nous sommes envahit par un climat de paranoïa, et dès lors que la peur s’installe, ce sont nos libertés individuelles qui sautent. L’Histoire nous apprendra pourtant qu’à chaque fois qu’elles nous auront été retiré, elles redeviendrons nécessaires, et il faudra de longues luttes pour les retrouver. Doit-on accepter de se faire manipuler ? De voir circuler une fausse image d’Internet et des réseaux de communications, laissant une brèche béante vers une législation répressive ?

Esprits, je vous aime

18 novembre, 2008

Je ne sais pas pour vous, mais je l’avais vu venir à dix milles. L’ego des bloggueurs est tellement surdimensionné qu’il était impossible d’y échapper. Après avoir vu déserter toute la blogosphère, prétextant l’émergence de nouveaux talents et l’absorption de leur audience par de « petits profiteurs » ; aujourd’hui il faut se payer en plus la crise de nombrilisme.

L’envie de vous dire : fermez-la est assez immense. Vous imaginez quoi ? Les trolls ont toujours existés, de tout temps, dans toutes époques, dans tous magasines. Le Monde ne reçoit jamais de lettres insultantes de ses lecteurs ? Le journaliste de libé n’a jamais reçu la moindre menace sur sa boite mail ?

Quentin disait très bien que la fonction « supprimer » n’était pas un mythe. Alors vous préférez hurler comme des veaux plutôt que de monter au créneaux ?

Il semblerait que cette atmosphère soit pesante. Et avant tout pour vos lecteurs. Ou ex, lecteurs.

J’agonise

31 octobre, 2008

De ce monde barbare ; de ce monde répressif. Je suffoque dans cet air stérile, dans ce phénomène de castes. Qu’a-t-on fait des beaux principes de notre républiques, où sont passés les idéaux d’un « peuple, pour le peuple ». A l’inverse, j’admire avec quel talent nos politiciens ambitieux font passer leurs réformes.

Le citoyen se serait-il rarifié ? Le français se contenterait-il d’être gréviste ? Et encore… ! Je m’étonnes de voir à quel point les gens se foutent des lois sur les nouvelles technologies. De la DADVSI à l’HADOPI. Pourtant de plus en plus de personnes sont connectés au net, profitant de ses bienfaits. Abusant parfois de ses largesses. Est-ce la dématérialisation de cette communication, l’absence de présentateur du JT, ou d’un logo d’une grande chaine qui bloque toute contestation ? Tout attachement.

La mobilisation pour de telles causes devrait être unanime. Tous les accusés devraient se lever, d’un seul homme, et s’opposer tel un lobbyste. Mais ce n’est pas le cas. L’absence de motivation des médias traditionnels peut-être, estimant certainement avoir déjà bien combattu pour leur liberté et n’éprouvant pas le besoin de défendre le copain. Parce que les médias, ça les amusent bien les petites vidéos marrantes « dénichés sur le net », mais de la a s’investir proprement dans le débat de la liberté d’expression. Ça va hein, faut pas trop leur en demander. On a bien eu droit a quelques interventions de notre Albanelle adorée, mais sachant qu’elle ne comprends rien au sujet j’admire ces conseillers pour leur courage. Rien, tous les débats sont a sens unique, n’invitant que les lobbistes. Quoi qu’ils adorent se contredires.

Comment vous dire ça sérieusement ? J’ai peur. Peur de cette France qui se dessine sous mes yeux, peur d’être seul à vouloir me mobiliser pour conserver ma liberté, peur de vous voir laisser passer des lois liberticides dont même la Chine n’a pas eu l’idée (je vous promet, l’idée du Spyware dans chaque PC, c’est l’exception culturelle française). On-t-il le droit de traiter la culture comme une marchandise, et de demander par la suite qu’on la protége de cette sorte ?

Je hurle de nous voir dominer par ce cartel. Une nouvelle fois la France va attendre d’être dans l’impasse pour réfléchir… Et ce sera encore mal fait.

Alors là…

10 octobre, 2008

Aujourd’hui, je l’ai mauvaise. Vous prenez une journée de merde, vous l’appliquez soigneusement aux trois dernières, et vous obtenez miraculeuse une partie de ma vie actuelle.

Je suis bon pour rester enfermer quelques heures au moins.

J’ai déjà perdu une chose : de l’argent.

CowBoy

25 septembre, 2008

In memoria

7 septembre, 2008

Il y a bien longtemps que j’attendais de pouvoir écrire cet article. Il n’arrêtera pas l’hémorragie, il ne permettra pas de se sentir mieux, il ne contribuera pas a l’amélioration de cette condition ; malheureusement il doit exister.

C’est seul dans la pénombre de cette chambre ; fixant le filet de lumière émit par le lampadaire extérieur ; que la tristesse s’accumule. Face a ce lit, choisi pour la circonstance, face à cette chambre doté d’une âme si étrange, mon corps se dépose. Il se laisse aller au plus triste des spectacle, il offre ce qu’aucun ne désire : de la faiblesse et du chagrin. Souvent j’ai pu écrire sur ces sujets, de nombreuse fois j’ai évoqué ces sentiments de solitudes, d’empathies, de regrets. Aujourd’hui je dois les vivre, les affronter, plus qu’à aucun autre moment. Les craintes deviennent réalité effective.

La conscience de ces instants n’a jamais était faussée, pourtant la réalité elle aura été repoussée. Comment approuver une perte, un départ, si ce n’est par amour. Il me serait impossible d’hurler « reste », de quel droit m’imposer de la sorte dans sa vie ? L’amour me donnerait-il le pouvoir de gangrener une vie ? J’essaie de faire le choix du respect, je fais des efforts pour me réjouir de ce pas en avant, je me mens pour croire a une nouvelle vie.

Il faudra apprendre à vivre à travers les photos, il faudra repousser le moment inéluctable ou la lassitude nous coupera jusqu’au téléphone. S’habituer a ne plus l’apercevoir après la sortie de chez le coiffeur, a ne pas l’attendre à la sortie du baccalauréat, il faudra apprendre a ne plus regarder anxieusement ce bus arriver à l’arrêt. Comment ces après midi pourront être meublé en son absence ? Il faut réapprendre à vivre, reprendre des habitudes. Possible oui, l’Homme est une machine d’adaptation. Pourtant, le risque c’est d’être obligé d’oublier pour avancer ; et ça quoi qu’il arrive je m’y refuse. Autant rester ici, oublier c’est régresser.

Difficile d’expliquer comment un amour de jeunesse peut paraître si important, comment face a des yeux plus âgés il me serait impossible de défendre ce sentiment. Peut m’importe du jugement, ce regard condescendant ne pourrait que vous porter préjudice. J’ai appris a ignorer, a déshumaniser, alors laissez moi vous assurer qu’ici rien n’est théâtral.

Plus jamais je ne pourrais passer dans cette pièce, plus jamais ne je pourrais fouler ces rues, sourire à ces gens, manger ces sandwich, m’assoir dans ce parc, prendre ce bus, passer un après midi, rire, aimer sans que mon cœur se sente brisé.

« Nous sommes si aveugles que nous ne savons quand nous devons nous affliger ou nous réjouir : nous n’avons presque jamais que de fausses tristesses ou de fausses joies. » Montesquieu.

453 Mots pour te dire je t’aime.

Tof!

15 août, 2008

La photo me manque un peu. J’y avais pris goût après tout… Ne pas forcément se prendre pour un grand artiste, juste essayer de refléter par l’image une vision.

Les mots sont beaux, enigmatiques, mais tellement difficiles. La photo quant à elle reste sobre, profonde, intellectuelle.

Chair

18 juin, 2008

La peur est là, vaste et inhérente. Comme obligatoire. Découlant dans ce sentiment de culpabilité, de cette séparation induite, face a cette force des choses. La crainte du corps surtout. Loin d’une main chaude, loin d’une voix douce, loin d’un sourire réconfortant. Loin de l’amour en somme. La vie nous sépares, c’était obligatoire. Pourtant impossible de m’y résigner. Un état de fait trop difficile.

L’angoisse est là. Chaque mots, gestes ou vécus sont disséqués, développés, évoqués. Pourquoi ? Éviter simplement de se perdre. Inutile de souligner la bêtise de telles actions, il faut surtout prendre en compte le caractère désespéré de ces démarches. Quoi faire ? Que faire ? Deux questions dont la rhétorique ne manque jamais.

Il faudrait souffrir en silence. Là aussi, j’affronte une incapacité, le partage de ma douleur se fait sous différentes formes : de l’excès de nombrilisme a une violence sentimentale extrême. Pourtant une chose est différente cette fois-ci : je suis incapable d’espérer [de provoquer] l’arrêt de cette procédure. Voir demeurer quelqu’un contre son grès ne servirait pas ma cause. J’ai trop d’amour pour oser espérer le malheur.

J’ai peur. Peur de perdre cet amour, mais par dessus tout, la départ de cette chair m’anéantit.

Principe de soumission

17 juin, 2008

Ahhhh… la belle indépendance des journaux. Vive la presse libre. Vive les journalistes courageux. Vive Les Echos, le quotidien économique racheté par le groupe LVMH, dont le patron Bernard Arnault était témoin au mariage de Nicolas Sarkozy. Alors que le projet de loi de Christine Albanel sur la riposte graduée semble bien mal embarqué (il est rejeté par le Parlement européen, par le régulateur des télécoms, par la CNIL, par des députés, implicitement par certains membres du gouvernement, et désormais en partie par le Conseil d’Etat), Les Echos ont décidé d’en faire le sujet de leur « Chronique de Favilla ».

Pour ceux qui ne connaîtraient pas le quotidien, Favilla est le pseudonyme imaginaire du journal, utilisé depuis plus de 40 ans pour exprimer anonymement la « pensée du journal ». Selon les Echos, « la signature cache aujourd’hui un collectif de trois personnalités, extérieures au journal, et impliquées dans la vie active, privée ou publique… Leurs noms ? Chut. Ils ne seront jamais dévoilés !« 

Et que dit donc Favilla/Les Echos à propos de la loi Hadopi ?

D’abord, que « les passions se déchaînent à ce sujet« . C’est vrai. « Les partisans de la liberté et de la gratuité totales sur Internet crient à la naissance d’un nouveau Big Brother chargé de la surveillance de toute la population« , écrit le journal pour expliquer la présence d’une opposition au texte de Christine Albanel. Et c’est tout, vous n’en saurez pas plus sur les raisons fondamentales de l’opposition, réduites au caprice et à la paranoïa – non pas de citoyens, mais de quelques « partisans de la liberté et de la gratuité totales ». Ca ressemble presque à une caricature.

« La solution de la riposte graduée retenue par la ministre Christine Albanel semble donc à ce jour la plus sage. Elle n’a sans doute pas la capacité d’éradiquer le piratage. Mais si elle parvenait à le freiner fortement, ce serait déjà un beau résultat, qui préserverait au moins provisoirement les droits d’auteur sans lesquels il n’y a plus de création culturelle« , affirment Les Echos.

A-t-on le droit de penser différemment ?

Non. « Les chantres de la gratuité qui prétendent le contraire sont des utopistes qui rêvent d’un univers culturel extérieur au monde économique réel ou de vrais pirates, c’est-à-dire des voleurs« .

Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com