Je ne dois plus écrire sur toi
13 février, 2010
Combien de fois ai-je tourné ces phrases dans ma tête. L’eau suivant mon corps, le regard perdu au travers des stores qu’offre cette fenêtre. Une douche qui ne cessera certainement jamais de me rappeler à toi. Lutter contre cet effet pervers est un vain projet, alors il faut vivre avec. À l’image d’une douleur lancinante, habituelle, il faut faire l’effort de l’ignorer. Jusqu’au prochain rappel.
Alors j’ai voulu écrire. Des centaines de titres me sont passés par l’esprit. Celui-ci : « combien de fois ai-je fait ces choses avec toi » pourrait résumer mon esprit. Il m’est impossible de compter combien de fois nous avons pu coucher ensemble, combien de fois nous avons pu rire, combien de restaurants nous avons fait, combien de voyages j’ai fait, combien de nuits communes, combien d’heures au téléphone, combien d’engueulades, combien de peurs. Ce mot : « combien », comme s’il fallait compter, archiver, classer.
Tout ça parce qu’au fond ça ne se reproduira jamais. Lorsqu’on sait les choses abandonnées alors qu’elles sont inachevées, il ne reste qu’à regarder. Coincé dans cette dimension.
Donc, je ne dois plus écrire sur toi. Lorsque je n’écrirais plus, c’est que la douleur sera passée. Oh, je suis plus le genre rancunier, du coup je sais qu’il me reste encore quelques années avec un esprit dédié complètement à ça, et par la même je sais aussi qu’il m’en restera toujours des bribes. Il risque de m’être difficile d’emprunter certains trajets, de passer certains lieux, sans que mes idées s’arrêtent un instant sur ce que nous étions. Malgré tout, j’ai adoré.
Du coup ce soir encore je n’écrirais pas ma lettre de motivation pour le job de mes rêves. Parce que j’ai fait un choix : celui d’être lâche.
La suite
7 février, 2010

