Le clavier glisse enfin, une douce sensation de n’être plus aliéné. Il ne s’agit pas encore de ce jour sacré où la conscience s’éveillera en disant « enfin libre » ; mais d’un pas considérable vers la paix de l’esprit.
Je garde avec émotion cette vie commune, comme enfin j’ai pu découvrir et chérir la liberté. La même émotion que lorsqu’enfin j’ai pu être heureux, découvrir et connaître ce que voulais dire la plénitude. J’ai repris pas à pas les évènements, et j’ai repensé à cet article écrit il y a longtemps « Hommes actes, hommes mots ». Impossible de le relire ce soir, l’accès au monde m’étant coupé ; mais la mémoire suffit. J’en connais encore la signification et le but. Il concorde parfaitement avec ce présent.

Il fallait faire quelque chose, qu’enfin ça s’arrête. Il n’y a pas vraiment de méthode pour une fin, ni même de stratégie. C’est cette position qui me coûte, j’y suis bloqué. Il me faut l’explication impossible d’actes écrits dans l’incohérence. Je suis un homme des mots, parler, exprimer, disséquer, voilà comment pourrait se résumer ma vie. Alors avec ce constat, comment accepter au fil du temps que ma déception amoureuse ne trouvera jamais ces nombreux mots nécessaires.
D’ailleurs on se perd souvent entre égoïsme et banalité. Cette situation de rupture est vécue chaque jours par des milliers de gens, l’Amour se ressemble, quel que soit le pays, les choix d’orientations ; il est toujours difficile de se sentir entouré d’une similarité gênante. J’aurais voulu être un cas d’école, celui dont on pourrait parler sans jamais le vivre. Pourtant chacun y sera un jour confronté. A tout âge. Peut-être même plusieurs fois. Jusqu’à en être blasé.

Difficile aujourd’hui de lorgner Paris comme une ville de liberté, et de ne pas être capable d’y monter. Je pourrais décider d’abandonner ce que je n’ai pas, et de monter, coûte que coûte.

Mais je n’ai que le courage des lâches.

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