Le clavier glisse enfin, une douce sensation de n’être plus aliéné. Il ne s’agit pas encore de ce jour sacré où la conscience s’éveillera en disant « enfin libre » ; mais d’un pas considérable vers la paix de l’esprit.
Je garde avec émotion cette vie commune, comme enfin j’ai pu découvrir et chérir la liberté. La même émotion que lorsqu’enfin j’ai pu être heureux, découvrir et connaître ce que voulais dire la plénitude. J’ai repris pas à pas les évènements, et j’ai repensé à cet article écrit il y a longtemps « Hommes actes, hommes mots ». Impossible de le relire ce soir, l’accès au monde m’étant coupé ; mais la mémoire suffit. J’en connais encore la signification et le but. Il concorde parfaitement avec ce présent.

Il fallait faire quelque chose, qu’enfin ça s’arrête. Il n’y a pas vraiment de méthode pour une fin, ni même de stratégie. C’est cette position qui me coûte, j’y suis bloqué. Il me faut l’explication impossible d’actes écrits dans l’incohérence. Je suis un homme des mots, parler, exprimer, disséquer, voilà comment pourrait se résumer ma vie. Alors avec ce constat, comment accepter au fil du temps que ma déception amoureuse ne trouvera jamais ces nombreux mots nécessaires.
D’ailleurs on se perd souvent entre égoïsme et banalité. Cette situation de rupture est vécue chaque jours par des milliers de gens, l’Amour se ressemble, quel que soit le pays, les choix d’orientations ; il est toujours difficile de se sentir entouré d’une similarité gênante. J’aurais voulu être un cas d’école, celui dont on pourrait parler sans jamais le vivre. Pourtant chacun y sera un jour confronté. A tout âge. Peut-être même plusieurs fois. Jusqu’à en être blasé.

Difficile aujourd’hui de lorgner Paris comme une ville de liberté, et de ne pas être capable d’y monter. Je pourrais décider d’abandonner ce que je n’ai pas, et de monter, coûte que coûte.

Mais je n’ai que le courage des lâches.

Comment peut-on un jour prétendre l’inutilité de l’Histoire.
Autant je suis un fervent défenseur d’une refonte, large et profonde, de notre système éducatif. Et je l’ai longuement ressassé ces dernières années, essayant au niveau qui était le mien d’améliorer les conditions d’apprentissages (avant tout pour moi-même, mais lorsqu’une cause individuelle peut servir, profitons). Il n’empêche que déplacer le débat sur ce qui ne devrait pas exister continu de m’exaspérer. Il est encore plus stupide aujourd’hui de vouloir réformer un système en retirant les seules choses cohérentes et fonctionnelles.

Le débat donc, se focalise sur la suppression annoncée de l’histoire géographie, comme matière obligatoire, dans la filière générale scientifique en terminale.
Dans l’article publiée sur libération où Martin HIRSCH est censé défendre la suppression de cette matière, ou même dans l’article du figaro qui explique qu’en réalité on ne supprime pas le programme, on se contente de le déporter vers la première ; je ne trouve aucun arguments de valeurs pour soutenir ce choix.
Une fois libéré de cette contrainte, quels vont être les avantages spécifiques ainsi retirés ? Le gain serait-il réellement à valeur plus importante que la perte engagée ? L’Histoire-Géographie, pourquoi ?

J’ai trop aimé cette matière, elle me semble trop importante pour le développement personnel et individuel. Elle condensce en son sein ce qui devrait importer à nos sociétés : le passé quel qu’il soit doit fonder notre futur. Aujourd’hui peut-on librement et de façon cohérente, défendre l’oubli ? Je sais combien on me fera comprendre qu’il ne s’agit pas de prôner un droit à l’oubli (ahah), ni de vouloir effacer la mémoire collective, juste de mieux réorganiser, adapter, configurer.

Pourtant, c’est au dépend d’une matière qui se voulait être notre mémoire.

Ah merde ?

5 décembre, 2009

L’information est d’importance : je ne compte pas faire de ce blog autre chose que ce qui s’est imposé au fil du temps. C’est à dire : un espace égoïstement narcissique. Les dernières digressions sur des œuvres culturelles n’ont rien d’une nouvelle coutume locale. L’installation de ces billets s’est faite malgré moi, ayant une forte envie de publier mes avis, et à côté n’étant pas capable de fournir du véritable contenu personnel.

Pour écrire il faut vivre. Et actuellement ce n’est pas mon fort. Autant il arrive des périodes fastes, pendant lesquelles j’ai une vie trépidantes (rappelez-vous, je me suis fait arrêter par des gendarmes, j’ai été jugé, ou mieux j’ai négocié un passage en première sans valider de seconde). Actuellement c’est plutôt le vide intersidéral.
Je cherche toujours une vie vers Paris ou Lyon, mais le premier P ayant ma préférence… A côté nous vendons la maison, pour qu’enfin la vie se dessine sans qu’aucun ne puisse s’immiscer dans des décisions strictement personnelles. La sœur est en Inde. Je travaille 35h par semaine pour un salaire de 20, mais que voulez-vous, la vie est ainsi faite. Je n’ai pas vraiment à me plaindre.

Donc vous êtes toujours invités à me proposer vos plans, bon ou foireux, dans l’optique de trouver un job convenable. Je vous rappelle que mon CV est disponible en cliquant sur cette phrase bleu. Et puis, j’ai renouvelé ma carte 12-25, faudrait la faire chauffer. Puisque Paris est parti, autant retrouver un autre Paris. Un vrai, libre et émouvant.
Je retourne donc de ce pas a ma lecture actuelle : Le Club des Incorrigibles Optimistes. Un ouvrage dont la difficulté ne réside pas vraiment dans l’écriture enjouée et délicate, mais dans le lieu de l’action. Denfert-Rochereau. Dieu comprendra…

Une histoire d’amour ancrée dans les années 1900. Une folle histoire ! La ligne de départ de l’histoire est fixée à l’architecture. A cette époque il faut réinventer la vision du monde, les femmes essaient de s’offrir une véritable place, les villes deviennent de véritables moteurs culturels, et l’amour en profite. Comme toujours.

Mamah et Frank sont deux personnages qui n’ont rien de commun. L’une est une femme au foyer plutôt dévouée, certes affublée d’un mari trop aimant et conciliant pour les rêves de fantaisies qu’elle couve, mais qu’importe, ses enfants la font survivre. Une situation aisée lui permet aussi de s’identifier à une vie dont elle n’aurait jamais rêvé. Quant a Frank il est narcissique, égoïste, prétentieux, ces aspects qui peuvent faire d’un homme envoutant un gros con. Il est donc architecte, dans une mouvance qu’il invente, son égo ne lui permet pas vraiment de s’identifier. Uniquement des disciples, il n’aura pour Maître que lui-même.

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La rencontre entre ces personnes n’a rien de vraiment extraordinaire. Il va construire une maison pour Mamah. Pour la famille de Mamah en réalité. Elle va petit à petit, céder aux fantasmes de cet homme fascinant, pour lequel les règles ne s’appliquent pas, évoluant dans un monde où tout est différent. Il est fauché mais paraît riche, il ignore mais paraît savoir. Un homme d’apparence oui, mais dont l’essence même est de laisser transparaître cette apparence.

Inutile de vous compter les aventures de nos compères, mais les années ne sont pas vraiment propices aux divorces. Alors les voilà partis pour l’étranger. L’Allemagne, le Japon, l’Italie, puis un retour au pays. Au pays de Frank. Pendant ces années ils vont devoir faire face a la séparation de leurs enfants, mais aussi et surtout aux critiques, et la folie médiatique qu’entoure ces premiers amours affichés.

Ce sont un peu des peoples avant l’heure.

Le romans se déroule sur un rythme plutôt bon enfant, les évènements s’enchainent sans difficultés, l’écriture est fluide. L’envie de passer au chapitre suivant se fait sentir, mais on peut facilement l’abandonner pour une nuit. Le dynamisme de l’histoire se noie un peu dans Mamah et son manque de rigueur. Et pourtant, il ne faudra pas s’y fier. Rien que pour la fin de l’œuvre, elle mérite d’être lue. Une véritable folie, mais surtout un coup de génie qui pour le coup m’aura occupé les cent dernières pages. Comme accroché au roman, impossible de lâcher les pages, les yeux figés comme celés aux lignes.Le roman ne se caractérise pas sa fin, mais il faut avouer qu’il prend une toute autre allure. Il passe d’un simple roman de train a un roman de lit. Une catégorie de plus.

Ah oui, une fin aussi merveilleuse que douloureuse.