L’ouvrage prend vie dans la mort. L’ouverture se fait avec Margido, dirigeant de pompes funèbres. Il est appelé sur un suicide, un jeune adolescent pendu. Puis, Erlend, homosexuel extraverti, décorateur de profession, un vrai stéréotype. Et enfin Tor, aîné de cette fratrie, éleveur de porcs à Neshov, la ferme familiale. En tant qu’hériter c’est peut-être le seul dont l’intégration au sein de ce monde aura été imposé.
Le livre va raconter la vie ordinaire d’une famille agricole, de ceux dont la culture ne dépasse pas les portes d’une grange. Évoquer chacun des frères, pour lier l’histoire. Ils ont tous ce point commun : une mère. Ils ne sont rassemblés aujourd’hui d’ailleurs, que par ça, cette mère parfois indigne, parfois adulée.
Chacun a fait un choix, en fonction de ce qu’il n’ignorait pas. Margido connaissait le secret, Erlend devait s’affirmer, et Tor lui était l’héritier. Ils ont tous vécus un manque, en reniant leur famille. Pourtant on voit comment être sous le joug d’une mère peut changer radicalement le parcours d’une vie.

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Le roman narre avec une douceur incroyable cette violence des relations familiales. Comment être gagné par l’indifférence, petit à petit ; après le dégoût. Pourtant, c’est la mort de cette mère qui les forcera à se réunir. Elle est tombée malade, Tor n’était pas vraiment capable de gérer, le père était absent. Elle finit par sombrer. Ils étaient tous là, réunis tour à tour dans la chambre de cette femme dont ils ignorent quasiment tout. Avec Torunn, cette inconnue, fille de Tor.

Je l’ai adoré ce livre. La traduction est magnifique, les phrases coulent d’elles mêmes ; le livre vous emporte au pays de la famille. Ce pays où les sentiments ne vont pas avec la raison, celui là ou même dans la mort, les obligations ne cessent pas. Fini hier vers une heure du matin, ai dévoré la moindre petite phrase, pour courir jusqu’à la fin, et finalement être frustré. La frustration d’avoir fini un excellent roman, de quitter un auteur, de fermer cet univers. Un roman que je ne saurais que conseiller donc, il apporte une véritable réflexion sur la vision de la famille, voir sur ce qui nous entoure simplement. Il donne une force incroyable. Parfois la lecture ne s’explique pas. J’ai été touché par ces mots, par la construction de ce roman. Il y est question de ces sujets qui me reflètent assez bien : la séparation.

Je voudrais dire combien ce roman vaut le détour, mais il me faudrait en dire plus, dévoiler l’histoire, et ça je ne le voudrais pas. Alors, je vous laisse le lire, et puis, après, venir en discuter. Parce que j’adore discuter de mes lectures.

2 Réponses à “La Terre des mensonges (de Anne B. BAGDE, traduit par Jean RENAUD)”

  1. Bénard Dit:

    Idem. Ce livre m’a transporté. Je l’ai lu avec des pincements au coeur. Quelques passages « inutiles » mais qui font tout le charme du roman. Très belle écriture. Ce « pauvre Tor » étouffée par cette mère qu’il « vénère ».Chacun peut se reconnaître dans ces personnages auxquels on s’attache. Je travaille dans une mediatheque et j’ai recommandé ce bijou à grand nombre de lecteurs. J’ai lu le tome 2. Les cochons n’ont plus de secret pour moi ! J’attends le tome 3 avec impatience. Agnès

  2. Baptiste FRANCHINA » Archives du Blog » La ferme des Neshov (de Anne B. BAGDE, traduit par Jean RENAUD) Dit:

    [...] y a quelques temps de ça, j’écrivais un article qui ne tarissait pas d’éloges sur La Terre des mensonges. Un livre qui reste donc formidable, et à lire absolument ! Pourtant le commentaire [...]

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