Mary & Max, un film culte.
23 novembre, 2009
Ah hier, quelle soirée ! La foule compacte face au cinéma, les queues s’unissant au milieu d’un trottoir. Une vraie folie, toute cette masse prête à se cultiver ! Twilight, un véritable phénomène de société. En lisant le titre de l’article, il ne vous aura pas échappé que non, malgré l’attirance que provoque chez moi ces films dont l’essence même nous fait respirer l’intelligence ; je n’ai pas cédé. Et donc, j’ai pu découvrir le sourire ravi de notre guichetière lâchant cette phrase désormais culte «Vous serez seuls ».
Il ne faudra pas non plus vous attardez sur le fait, minime, que le film soit déjà sorti en DVD. À la campagne, on fait avec les moyens du bords.

Ce film c’est l’histoire incroyable de deux personnes. Eh oui, pour faire un film intéressant, il faut généralement de l’incroyable, de l’exceptionnel, de l’irrationnel. Le format dessin animé, pâte à modelée, tel qu’il a été choisi, convient parfaitement. Il est le gage d’un humour décalé et acéré qui fera tenir l’histoire jusqu’au bout.
Nous disions donc : Mary est une petite fille âgée de 8 ans, née d’un père dépassé et d’une mère ivrogne, elle se construit dans une Australie rurale. Le physique faisant, elle tombera rapidement dans une solitude malsaine, ne connaissant rien d’autre qu’un quartier digne des plus beaux ghettos. Face à elle, un homme âgé : Max New Yorkais, célibataire et handicapé. Il se caractérise par ses tocs, et une angoisse perpétuelle. Peu loquace sur son enfance, il n’en reste pas moins expansif sur la vie qu’il a mené depuis : un tas de métiers toujours différents mais sous qualifiés. Peu d’amis, voire pas du tout, membre d’un groupe d’anonymes. Un homme que l’on pourrait qualifier de sans vie, rythmé par un quotidien dont il n’est pas acteur.
La rencontre de ces deux êtres ne sera jamais réellement effective, c’est grâce aux lettres et aux chocolats, un vecteur commun, qu’ils vont pouvoir communiquer. Apprendre à se connaître, s’aider, voire se détester. C’est un véritable lien qui se crée au fil des lettres, ces deux âmes esseulées vont finir par trouver en l’autre une facette de soi. Le film nous fait découvrir qu’au delà de la distance, du temps et de l’attente, on peut découvrir l’amour. Non pas un amour malsain d’une fillette pour un pervers, mais celui d’une gamine pour un référent.
Je vous le conseille oui, parce qu’en plus d’être drôle (et bourré de références culturelles) il nous fait voir la vie en grand.
Wave
13 novembre, 2009

Il me reste 5 invitations google wave, si ça branche quelqu’un
Il était une fois un mort
11 novembre, 2009
L’inspecteur FRANCHINA n’est plus. Voilà l’idée qui m’est venue lorsque j’ai appris la mort de cet homme. Jusqu’à ce que j’assimile l’information, je restais encore assis sur ma chaise, cliquant frénétiquement, espérant toujours n’avoir jamais lu cette information. Cette fois-ci ce n’était la mort d’un anonyme, mon monde perdait quelqu’un. Une personne avec laquelle j’avais interagis, qui m’avait apporté ; une vraie personne. Encore en écrivant ces lignes, l’émotion est palpable, ne serait-ce que par dépit.
Pierre BOTTERO est mort donc. Un jour comme un autre, sans plus d’Histoire, pourtant impossible dès à présent de le croiser à nouveau, de le voir sourire encore.
Il n’y a pas d’hommage assez fort pour rendre à un homme comme lui ce qu’il mérite.
On prête à Woody Allen les mots suivants : « La mort est un état de non-existence. Ce qui n’est pas n’existe pas. Donc, la mort n’existe pas. » Ses livres le feront subsister.
Chronique d’un médecin légiste (de Michel SAPANET)
10 novembre, 2009
Le roman est une trame, celle d’une vie après la mort. Michel SAPANET, médecin légiste dans un CHU, va nous livrer l’intimité d’un bloc opératoire. Livrer des vérités, faire parler le corps une dernière fois. Avant de le livrer à la famille.
Le lecteur va suivre les pas de ce médecin, lors des reconstitutions, des autopsies, des expertises aussi. Un grand choix d’évènements, de pratiques, qui font parler de la profession de légiste et parfois de gendarme. Fallait-il pourtant les raconter ainsi ?

Un nouveau livre ! Pas vraiment un livre d’ailleurs, mais plus un amas de nouvelles. Il se base sur un principe simple : l’auteur raconte chaque autopsie dans un nouveau « chapitre », le tout étant censé créer un enchaînement cohérent. Pas vraiment une histoire, mais des bouts dont la finalité est de créer une vie. Pourtant l’impression est toute autre. Les fragments ne sont pas classés. Il y aurait pu avoir plusieurs sortent de tris : par date, difficulté de lecture ou type d’autopsie. Pourtant on sent qu’aucun choix délibéré n’a été fait. D’ailleurs, je n’ai pas vraiment réussi à définir l’identité de l’ordre : quelles étaient les motivations lorsque l’éditeur à fait un choix. On pourrait presque penser qu’ils ont tiré au sort…
Alors il se peut que le lecteur soit acculé à lire deux fois la même histoire, coup sur coup, ou encore d’enchainer les autopsies difficiles. Les mots sont souvent durs d’ailleurs ; pas franchement beaux, mais on joue dans la violence inutile. Eh puis il faut avouer que l’utilisation fréquente d’une double ponctuation (type : « !! ») m’exaspère. Nous ne sommes pas sur une boîte de dialogue msn… Il existe des techniques plus intéressantes, et plus appropriée pour donner du corps au récit.
Ce roman donc, ne propose pas grand chose de plus que des histoires mal racontés, dans un environnement médical auquel nous sommes étranger et auquel nous resterons certainement réticents en sortant de cette lecture.
Vous l’aurez compris, une lecture avec laquelle je n’ai pas été enjouée. Un intérêt tout à fait modeste, un français peu ambitieux, et un auteur qui aurait peut-être du rester légiste.
Achats !
8 novembre, 2009
La Terre des mensonges (de Anne B. BAGDE, traduit par Jean RENAUD)
4 novembre, 2009
L’ouvrage prend vie dans la mort. L’ouverture se fait avec Margido, dirigeant de pompes funèbres. Il est appelé sur un suicide, un jeune adolescent pendu. Puis, Erlend, homosexuel extraverti, décorateur de profession, un vrai stéréotype. Et enfin Tor, aîné de cette fratrie, éleveur de porcs à Neshov, la ferme familiale. En tant qu’hériter c’est peut-être le seul dont l’intégration au sein de ce monde aura été imposé.
Le livre va raconter la vie ordinaire d’une famille agricole, de ceux dont la culture ne dépasse pas les portes d’une grange. Évoquer chacun des frères, pour lier l’histoire. Ils ont tous ce point commun : une mère. Ils ne sont rassemblés aujourd’hui d’ailleurs, que par ça, cette mère parfois indigne, parfois adulée.
Chacun a fait un choix, en fonction de ce qu’il n’ignorait pas. Margido connaissait le secret, Erlend devait s’affirmer, et Tor lui était l’héritier. Ils ont tous vécus un manque, en reniant leur famille. Pourtant on voit comment être sous le joug d’une mère peut changer radicalement le parcours d’une vie.

Le roman narre avec une douceur incroyable cette violence des relations familiales. Comment être gagné par l’indifférence, petit à petit ; après le dégoût. Pourtant, c’est la mort de cette mère qui les forcera à se réunir. Elle est tombée malade, Tor n’était pas vraiment capable de gérer, le père était absent. Elle finit par sombrer. Ils étaient tous là, réunis tour à tour dans la chambre de cette femme dont ils ignorent quasiment tout. Avec Torunn, cette inconnue, fille de Tor.
Je l’ai adoré ce livre. La traduction est magnifique, les phrases coulent d’elles mêmes ; le livre vous emporte au pays de la famille. Ce pays où les sentiments ne vont pas avec la raison, celui là ou même dans la mort, les obligations ne cessent pas. Fini hier vers une heure du matin, ai dévoré la moindre petite phrase, pour courir jusqu’à la fin, et finalement être frustré. La frustration d’avoir fini un excellent roman, de quitter un auteur, de fermer cet univers. Un roman que je ne saurais que conseiller donc, il apporte une véritable réflexion sur la vision de la famille, voir sur ce qui nous entoure simplement. Il donne une force incroyable. Parfois la lecture ne s’explique pas. J’ai été touché par ces mots, par la construction de ce roman. Il y est question de ces sujets qui me reflètent assez bien : la séparation.
Je voudrais dire combien ce roman vaut le détour, mais il me faudrait en dire plus, dévoiler l’histoire, et ça je ne le voudrais pas. Alors, je vous laisse le lire, et puis, après, venir en discuter. Parce que j’adore discuter de mes lectures.
Procédures
1 novembre, 2009
Partager une expérience personnelle. Voilà le but premier de cet espace de discussion. Loin d’être nombriliste, il se voulait évocateur d’une vision d’un monde, le reflet d’une réalité parfois différente. Petit à petit, je me relis. Parfois j’adore mes articles, parfois j’ai simplement envie de les supprimer. Une chose est sûre pourtant, je vais les assumer. Partant d’un partage j’en suis arrivé à de l’égoïsme, un égocentrisme malsain, sur un espace pourtant très ouvert. Il ne s’agit pas d’attirer les lecteurs avec des lots, ni d’être accroché à de sacro-saint statistiques. Juste de prendre conscience qu’il ne suffit pas de dire « j’écris pour être lu », mais qu’il faut aussi adopter une certaine démarche.
Je n’ai aucune idée de la niche dans laquelle j’ai pu me mettre, mais il est certain qu’il faut en changer. Je ne veux pas culpabiliser en parlant de moi ici, mais à côté, je voudrais intéresser, toucher, parfois même énerver.
Une nouvelle chose que j’ignore donc : comment vais-je pouvoir adopter un virage vers une ligne éditoriale plus partageuse. Pour l’instant je me suis remis à la lecture, pas uniquement de romans, aussi des blogs. Je suis étonné de voir l’évolution qu’il y a pu avoir en une année. Étonné oui, mais agréablement, ça me permet de découvrir des gens, des styles, des sujets aussi. Ça ne me fera pas comprendre pourquoi les nouveaux médias ont autant sacralisé les blogueurs, mais il s’agit ici simplement d’une divergence de point de vu, deux idées qui s’affrontent mais peuvent cohabiter.
J’espère donc pouvoir vous faire partager ma recherche d’emploi de façon intelligente, et pourquoi pas, intéressante. J’ai l’attente de recréer un lien.



