« Aujourd’hui, je ne veux plus de toi dans ma vie »
21 octobre, 2009
Il y a cette phrase qui résonne encore dans mon esprit. Au delà de la violence même des mots, il a cette signification profonde, une séparation ferme ; l’expulsion pure et simple de la vie d’un être. Au départ j’étais réellement énervé de cette décision, révolté qu’il puisse un jour y parvenir, je vivais l’action comme elle me parvenait : floue.
Aujourd’hui, a l’heure où j’ai décidé d’écrire ces lignes, je n’ai plus cette boule au ventre qui m’empêche de l’évoquer. Un mois déjà. Pourtant je garde le goût amer de l’injustice. De mon côté j’ai, à de nombreuses reprises, voulu éviter une perte totale, comme pour ne pas nier que huit années ne se gomment pas d’une seule phrase, j’ai voulu imposer un lien, pour que le raisonnable revienne au goût du jour. Puis finalement, à force d’essais infructueux, j’ai compris cette chose destructrice : les efforts sont vains.
Pourtant, il faudra en faire. Soit pour aller de l’avant, soit pour supporter ce comportement horrible. Dans les deux cas, la réaction ne sera pas naturelle, elle sera forcée, ridée.
Est-il réellement possible de nier, que nous avons tout partagé. A cet instant du récit, je meurs d’envie de faire une énumération de ce que nous avons pu vivre. Lui jeter dans la face, lui hurler que je n’étais pas un monstre, que l’homme qu’il décrit, ce n’est pas moi. Enfin lui faire entendre que cette vision n’est pas la bonne, qu’il n’y a rien de réel dans ce qu’il refuse, mais il se permet de me rejeter. Parfois, j’ai envie de qualifier cette situation de burlesque ; je me vois bien hurlant cette vie, chaque moments passés en commun, l’obligeant par la force a entendre une autre réalité que celle dont il a fini par se convaincre. Ce serait exagéré, n’est-ce pas ?
Comment peut-il se réveiller avec la lampe que je lui ait offerte, laisser le tableau accroché au mur, jouer sur la ds, écouter de la musique sur l’iPod, regarder la télé, comment peut-il faire toutes ces choses alors même qu’elles devraient lui rappeler l’horreur que je suis ? Il n’est pas en colère, paraît-il, a la limite ça aurait été préférable. Ai-je droit a de l’indifférence ? Alors ces années, ces promesses, ça n’aurait été que mensonge ? Il y a trop de fois où j’ai entendu l’importance de mon avis dans la vie de cet être, trop de fois où des preuves d’amour me sont parvenues, pour qu’aujourd’hui j’accepte sans sourcilier qu’il faille s’oublier, oublier.
Ces départs sur Paris, ces balades, ces soirées, ces cinémas, ces bancs, ce collège qui nous aura vu naître, ce lycée qui nous aura réunit.
Je finirais par cette citation de Verlaine :
« et surtout soyons-nous l’un à l’autre indulgents ».


24 octobre, 2009 à 9:51
Un très beau témoignage dans lequel je me suis en partie retrouvé. Tu décris, très brillamment, une incompréhension que nous avons tous connue à un moment ou un autre de notre vie.
Bon courage.
24 octobre, 2009 à 10:03
@Zéro Janvier > Merci