In memoria
7 septembre, 2008
Il y a bien longtemps que j’attendais de pouvoir écrire cet article. Il n’arrêtera pas l’hémorragie, il ne permettra pas de se sentir mieux, il ne contribuera pas a l’amélioration de cette condition ; malheureusement il doit exister.
C’est seul dans la pénombre de cette chambre ; fixant le filet de lumière émit par le lampadaire extérieur ; que la tristesse s’accumule. Face a ce lit, choisi pour la circonstance, face à cette chambre doté d’une âme si étrange, mon corps se dépose. Il se laisse aller au plus triste des spectacle, il offre ce qu’aucun ne désire : de la faiblesse et du chagrin. Souvent j’ai pu écrire sur ces sujets, de nombreuse fois j’ai évoqué ces sentiments de solitudes, d’empathies, de regrets. Aujourd’hui je dois les vivre, les affronter, plus qu’à aucun autre moment. Les craintes deviennent réalité effective.
La conscience de ces instants n’a jamais était faussée, pourtant la réalité elle aura été repoussée. Comment approuver une perte, un départ, si ce n’est par amour. Il me serait impossible d’hurler « reste », de quel droit m’imposer de la sorte dans sa vie ? L’amour me donnerait-il le pouvoir de gangrener une vie ? J’essaie de faire le choix du respect, je fais des efforts pour me réjouir de ce pas en avant, je me mens pour croire a une nouvelle vie.
Il faudra apprendre à vivre à travers les photos, il faudra repousser le moment inéluctable ou la lassitude nous coupera jusqu’au téléphone. S’habituer a ne plus l’apercevoir après la sortie de chez le coiffeur, a ne pas l’attendre à la sortie du baccalauréat, il faudra apprendre a ne plus regarder anxieusement ce bus arriver à l’arrêt. Comment ces après midi pourront être meublé en son absence ? Il faut réapprendre à vivre, reprendre des habitudes. Possible oui, l’Homme est une machine d’adaptation. Pourtant, le risque c’est d’être obligé d’oublier pour avancer ; et ça quoi qu’il arrive je m’y refuse. Autant rester ici, oublier c’est régresser.
Difficile d’expliquer comment un amour de jeunesse peut paraître si important, comment face a des yeux plus âgés il me serait impossible de défendre ce sentiment. Peut m’importe du jugement, ce regard condescendant ne pourrait que vous porter préjudice. J’ai appris a ignorer, a déshumaniser, alors laissez moi vous assurer qu’ici rien n’est théâtral.
Plus jamais je ne pourrais passer dans cette pièce, plus jamais ne je pourrais fouler ces rues, sourire à ces gens, manger ces sandwich, m’assoir dans ce parc, prendre ce bus, passer un après midi, rire, aimer sans que mon cœur se sente brisé.
« Nous sommes si aveugles que nous ne savons quand nous devons nous affliger ou nous réjouir : nous n’avons presque jamais que de fausses tristesses ou de fausses joies. » Montesquieu.
453 Mots pour te dire je t’aime.


7 septembre, 2008 à 12:31
C’est vachement bien écrit !! tu mérites une médaille
7 septembre, 2008 à 17:07
@Guillaume > Merci, en quoi la médaille ?
7 septembre, 2008 à 17:50
la médaille du seul article que j’ai aimé aujourd’hui (c’est aussi le seul que j’ai lu)
8 septembre, 2008 à 12:55
Une médaille en chocolat? Pour la garder sur la langue et la laisser fondre.
Heureux de te relire.
8 septembre, 2008 à 19:35
@Guillaume >
@Al West > Toujours à l’ouest toi ! J’avais pas disparu voyons :-p
15 septembre, 2008 à 3:06
ton surplus d’activité cérébrale est un cadeau de la nature
mais ça pèse lourd hein ?
19 septembre, 2008 à 22:27
@Niko > On ne le sait que trop bien