Chair
18 juin, 2008
La peur est là, vaste et inhérente. Comme obligatoire. Découlant dans ce sentiment de culpabilité, de cette séparation induite, face a cette force des choses. La crainte du corps surtout. Loin d’une main chaude, loin d’une voix douce, loin d’un sourire réconfortant. Loin de l’amour en somme. La vie nous sépares, c’était obligatoire. Pourtant impossible de m’y résigner. Un état de fait trop difficile.
L’angoisse est là. Chaque mots, gestes ou vécus sont disséqués, développés, évoqués. Pourquoi ? Éviter simplement de se perdre. Inutile de souligner la bêtise de telles actions, il faut surtout prendre en compte le caractère désespéré de ces démarches. Quoi faire ? Que faire ? Deux questions dont la rhétorique ne manque jamais.
Il faudrait souffrir en silence. Là aussi, j’affronte une incapacité, le partage de ma douleur se fait sous différentes formes : de l’excès de nombrilisme a une violence sentimentale extrême. Pourtant une chose est différente cette fois-ci : je suis incapable d’espérer [de provoquer] l’arrêt de cette procédure. Voir demeurer quelqu’un contre son grès ne servirait pas ma cause. J’ai trop d’amour pour oser espérer le malheur.
J’ai peur. Peur de perdre cet amour, mais par dessus tout, la départ de cette chair m’anéantit.


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