Photo d’une fin
Il existe des temps si forts. Ce sont généralement les échéances sociales normales : examens, rentrées, élections… Ces instants rythment nos vies sociales, nos moments communs. Pendant un an de solitude, j’ai appris à aimer ces regains de réalité. C’est cette douleur qui résiste au temps, me soulignant chaque jour un peu plus ma difficulté d’intégration, mon besoin de maîtrise, et paradoxalement mon assimilation sociale relativement réussie, et mon incapacité à mettre en œuvre les outils nécessaires pour me diriger.

Première photo personnelle pour le blog, soyez indulgents.
La fin de l’année est là. Demain. Un dernier conseil de classe, un dernier bulletin, une Terminale qui se présente à moi. S’il me fallait accepter avoir un parcours scolaire difficile, atypique, différent, j’ai néanmoins décidé d’arrêter de pousser les choses à leurs extrêmes. Plus donc de doubles classes, de pensées farfelues, de projets insensés, d’envies démesurées, juste une Terminale L. Une classe que j’ai pu appréhender, apprécier même. Les gens dont j’ai pu faire la connaissance pendant ce périple n’y sont pas réellement étrangers. J’ai été entouré de gens réellement intéressants ; si pour l’instant m’immiscer dans leur vie privée reste un peu compliqué pour moi, ils m’ont donné envie d’y être. Avancer pas à pas.
Face à ça, une nostalgie profonde. Une mélancolie de détresse. Comment voir d’un œil serein mes amis s’éloigner, finir leur baccalauréat, attendre angoissés leur résultats pour de grandes écoles, pleurer de joie, hurler de peine. Cette année je n’y ai pas droit, par bêtise. J’ai créé cette situation seul, il faut admettre qu’avec une petite case cochée autrement, mon destin serait aujourd’hui bouleversé. On ne peut jurer de rien, mais je reste intimement persuadé qu’il aurait été moins lourd.
Une nouvelle année de lycée se présente donc, relativement convenablement. Il reste encore les petites épreuves du bac, les petites rencontres, et les craintes effroyables de la solitude.
Samuel Beckett clôt très bien : « C’est le commencement qui est le pire, puis le milieu puis la fin ; à la fin, c’est la fin qui est le pire ».
Un commentaire sur : “Photo d’une fin”
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jeabri on 07 juin 2008 at 9:00 #
ne change rien baptiste , tu es en train de murir dans le bon sens , continue comme celà , on t’aime et t’apprécie comme tu es avec tes défauts et qualités et c’est là le commencement d’un bel avenir que tu te dessines , juste une chose tiens bon tes amis sont là à tes cotés