Archive pour juin, 2008

Marchons

C’est hier, samedi 28 Juin, qu’avait lieu une nouvelle édition de la marche des fiertés. Placée cette année sous l’idéal d’une école « sans discriminations ». Nous remarquerons, non sans un petit sourire, la façon dont a été relayé cet évènement : quasi exclusivement par des blogs gays

Avoir un avis tranché sur une telle manifestation est difficile. Pourtant, je reste persuadé de la dangerosité de tels rassemblements. Si tout cela parait bien intentionné, bon enfant, vouloir agir en force de lobbying reste tout de même un exercice complexe. Avouons aussi que de générer une telle exhibition risque le malentendu. Se montrer, pourquoi pas. S’afficher, c’est normal. Pour autant, imposer une vision de la société parfaite, d’un modèle sans discussion semble inadapté. Le côté utopiste voudrait qu’évidemment, tout cela fasse évoluer les consciences et les mœurs. Mais le côté pessimiste, et vous l’aurez compris il s’agit du mien, défend l’idée que la réalité de tels évènements discrédite complètement l’intégration de bon nombres d’homosexuels dans la société, et qu’exalter les tensions de cette sorte ne règlera jamais rien.

Je ne crois pas à l’idée de défendre les minorités en les affichant sous autant de projecteurs. Autant il me semble important de ne pas négliger le débat, d’ouvrir les esprits a travers l’accès à la culture & l’art, autant j’ai peur des dérives sectaires dont le symbole réside dans une manifestation de cette ampleur. Il n’existe de minorité que celle qui se conduisent comme telles.

La difficulté d’être un adolescent homosexuel, surtout dans le cadre scolaire, est pleinement partagé par les gros, les handicapés, les asociaux, les artistes, les roux, les moches, les grands… ! Faire évoluer les esprits des gens, c’est avant tout leur apprendre à s’assumer, même dans leur banalité, pour qu’ils soient enfin capable de regarder l’autre tel un semblable. Les exclusions sont fréquentes dans les écoles, même la petite grosse a boutons de ma classe l’a été.

Il ne reste qu’à espérer qu’un jour, les gens apprennent à s’assumer. Pour ce qu’ils sont, pas pour ce qu’on en fait.

P.S. > A ceux qui vont venir me parler de meurtres homophobes, je répondrais qu’il existe des meurtres de vieilles dames, de juifs, de noirs, de catholiques, d’arabes, et pour autant ça reste un crime, un fait divers. La société ne tuera pas les inégalités en créant des statuts.

Je vous offre…

L’encart « Description » de la page « Qui / Contact ». A qui le voudra bien…

Chair

La peur est là, vaste et inhérente. Comme obligatoire. Découlant dans ce sentiment de culpabilité, de cette séparation induite, face a cette force des choses. La crainte du corps surtout. Loin d’une main chaude, loin d’une voix douce, loin d’un sourire réconfortant. Loin de l’amour en somme. La vie nous sépares, c’était obligatoire. Pourtant impossible de m’y résigner. Un état de fait trop difficile.

L’angoisse est là. Chaque mots, gestes ou vécus sont disséqués, développés, évoqués. Pourquoi ? Éviter simplement de se perdre. Inutile de souligner la bêtise de telles actions, il faut surtout prendre en compte le caractère désespéré de ces démarches. Quoi faire ? Que faire ? Deux questions dont la rhétorique ne manque jamais.

Il faudrait souffrir en silence. Là aussi, j’affronte une incapacité, le partage de ma douleur se fait sous différentes formes : de l’excès de nombrilisme a une violence sentimentale extrême. Pourtant une chose est différente cette fois-ci : je suis incapable d’espérer [de provoquer] l’arrêt de cette procédure. Voir demeurer quelqu’un contre son grès ne servirait pas ma cause. J’ai trop d’amour pour oser espérer le malheur.

J’ai peur. Peur de perdre cet amour, mais par dessus tout, la départ de cette chair m’anéantit.

Principe de soumission

Ahhhh… la belle indépendance des journaux. Vive la presse libre. Vive les journalistes courageux. Vive Les Echos, le quotidien économique racheté par le groupe LVMH, dont le patron Bernard Arnault était témoin au mariage de Nicolas Sarkozy. Alors que le projet de loi de Christine Albanel sur la riposte graduée semble bien mal embarqué (il est rejeté par le Parlement européen, par le régulateur des télécoms, par la CNIL, par des députés, implicitement par certains membres du gouvernement, et désormais en partie par le Conseil d’Etat), Les Echos ont décidé d’en faire le sujet de leur “Chronique de Favilla”.

Pour ceux qui ne connaîtraient pas le quotidien, Favilla est le pseudonyme imaginaire du journal, utilisé depuis plus de 40 ans pour exprimer anonymement la « pensée du journal ». Selon les Echos, “la signature cache aujourd’hui un collectif de trois personnalités, extérieures au journal, et impliquées dans la vie active, privée ou publique… Leurs noms ? Chut. Ils ne seront jamais dévoilés !

Et que dit donc Favilla/Les Echos à propos de la loi Hadopi ?

D’abord, que “les passions se déchaînent à ce sujet“. C’est vrai. “Les partisans de la liberté et de la gratuité totales sur Internet crient à la naissance d’un nouveau Big Brother chargé de la surveillance de toute la population“, écrit le journal pour expliquer la présence d’une opposition au texte de Christine Albanel. Et c’est tout, vous n’en saurez pas plus sur les raisons fondamentales de l’opposition, réduites au caprice et à la paranoïa - non pas de citoyens, mais de quelques “partisans de la liberté et de la gratuité totales”. Ca ressemble presque à une caricature.

La solution de la riposte graduée retenue par la ministre Christine Albanel semble donc à ce jour la plus sage. Elle n’a sans doute pas la capacité d’éradiquer le piratage. Mais si elle parvenait à le freiner fortement, ce serait déjà un beau résultat, qui préserverait au moins provisoirement les droits d’auteur sans lesquels il n’y a plus de création culturelle“, affirment Les Echos.

A-t-on le droit de penser différemment ?

Non. “Les chantres de la gratuité qui prétendent le contraire sont des utopistes qui rêvent d’un univers culturel extérieur au monde économique réel ou de vrais pirates, c’est-à-dire des voleurs“.

Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com

Pornographie

La facilité rime parfois avec dureté. Quelle idée ai-je réellement envie de transcrire ? Cela même je l’ignore. J’écris pour définir un illusoire talent, pour épater. Incapable même de dire si le subterfuge a fonctionné. Ma prétention naturelle me fait pencher pour un petit oui, mais s’il y avait des détracteurs capables dans la salle je me verrais bien incapable d’argumenter. Les rapports humains me sont lacunes.

L’impression de lire la complainte du mal aimé. C’est ce qu’il ressort d’une large relecture de mon espace d’ouverture. Des meubles jusqu’aux couverts, cette impression d’éternelle complaisance du mal-être. La culture inapte, l’orthographe incapable, la pensée futile. Pour autant tout cela ne reflète pas la vie d’un homme. Ni moi, ni personne.

Je m’évoque, je m’effleure. Parfois même j’ose, je me rentre dedans. Mais quel intérêt ? Ce nombrilisme m’empêche d’exister autrement qu’à travers quelqu’un qui n’existera plus. Les gens sont comme mes personnages : volatiles. Les éternelles questions : « qui suis-je ? », « que dois-je faire », me paraissent bien pâles aujourd’hui. Cette abjecte idée d’une vie avec soi.

Souvent lorsqu’on me parle de ses problèmes je réponds « sourit ». La vie avec le sourire, c’est une façade mais aussi une digue. Dans ces derniers instants la peur me guide, cette maîtresse malsaine et perfide, cet équivalent de l’inconscience et de la crétinerie.

Je découvre une nouvelle fois mon incapacité au travail. Une partie du baccalauréat est là, lundi, je n’ai suivi aucun cours de l’année. Et je n’ai toujours pas commencé les révisions.

Une nouvelle fois finissons avec une citation, spéciale Q., de Desproges : « Je ne suis pas pour la femme-objet. Au contraire j’aime bien quand c’est moi qui ne bouge pas. »

Loque

Dans le genre déchet humain en ce moment, je suis un vrai vainqueur. Depuis deux jours je suis malade à en crever, et hier soir j’étais de sortie donc forcément.

Impossible même de dormir, c’est pour dire.

Le bâteau prend l’eau ?

Absolument pas, il reste a quai histoire de dormir 90% du temps.

J’opte pour la technique « sans se forcer ».

Photo d’une fin

Il existe des temps si forts. Ce sont généralement les échéances sociales normales : examens, rentrées, élections… Ces instants rythment nos vies sociales, nos moments communs. Pendant un an de solitude, j’ai appris à aimer ces regains de réalité. C’est cette douleur qui résiste au temps, me soulignant chaque jour un peu plus ma difficulté d’intégration, mon besoin de maîtrise, et paradoxalement mon assimilation sociale relativement réussie, et mon incapacité à mettre en œuvre les outils nécessaires pour me diriger.


Première photo personnelle pour le blog, soyez indulgents.

La fin de l’année est là. Demain. Un dernier conseil de classe, un dernier bulletin, une Terminale qui se présente à moi. S’il me fallait accepter avoir un parcours scolaire difficile, atypique, différent, j’ai néanmoins décidé d’arrêter de pousser les choses à leurs extrêmes. Plus donc de doubles classes, de pensées farfelues, de projets insensés, d’envies démesurées, juste une Terminale L. Une classe que j’ai pu appréhender, apprécier même. Les gens dont j’ai pu faire la connaissance pendant ce périple n’y sont pas réellement étrangers. J’ai été entouré de gens réellement intéressants ; si pour l’instant m’immiscer dans leur vie privée reste un peu compliqué pour moi, ils m’ont donné envie d’y être. Avancer pas à pas.

Face à ça, une nostalgie profonde. Une mélancolie de détresse. Comment voir d’un œil serein mes amis s’éloigner, finir leur baccalauréat, attendre angoissés leur résultats pour de grandes écoles, pleurer de joie, hurler de peine. Cette année je n’y ai pas droit, par bêtise. J’ai créé cette situation seul, il faut admettre qu’avec une petite case cochée autrement, mon destin serait aujourd’hui bouleversé. On ne peut jurer de rien, mais je reste intimement persuadé qu’il aurait été moins lourd.
Une nouvelle année de lycée se présente donc, relativement convenablement. Il reste encore les petites épreuves du bac, les petites rencontres, et les craintes effroyables de la solitude.

Samuel Beckett clôt très bien :  « C’est le commencement qui est le pire, puis le milieu puis la fin ; à la fin, c’est la fin qui est le pire ».

Fortune

Une pile de livres s’amoncèle près de moi. Mes doigts sont furieux, ils veulent écrire, livrer, bâcler ! Tant de choses, tant de vie, tant de morose.

Je pars a la découverte de mon-moi. Celui que j’explore depuis quelques années déjà sans en toucher la substantifique moelle ! Je vais au but, mais pour ça il faut me livrer corps & âme. Heureusement ma valise est pleine d’amour, de souvenirs, d’amitiés, de nostalgie.

Il ne reste qu’une image.

Folle nuit d’amours - #0

Opus 1

La nuit ne soulèverait pas son voile noir avant un moment. Des heures. De toute façon le temps semblait arrêté, figé sur cet instant. Le naufragé n’était pas sauvé. Pas encore. Au moins ses jambes étaient encore fortes, il tiendrait se disait-il. La plus grande force face au destin, c’est d’être méticuleux. Cette exactitude en poche, la gouttière n’avait plus d’intérêt, la ville inerte ne l’écraserait plus.

Il ne voyait rien, la vue était partie. Pourtant, cette préoccupation ne parvenait pas encore jusqu’à lui, il devait avancer jusqu’au bout de cette rue. Il le sentait, il connaissait ce chemin par cœur. Parcouru mille fois en plein jour, son enfance en avait été bercée, il se devait d’être droit, d’être là.

Un destin débuté, la phrase d’Edmond Rostand dans les songes : « c’est la nuit, qu’il est beau de croire à la lumière ».