L’œuvre autobiographique
26 avril, 2008
Longtemps elle fût réservée a une élite intellectuelle. La modernisation faisant son chemin, elle se diversifia pour arriver à un tournant négatif de son histoire – toujours d’actualité -. L’autobiographie de prestige. Ainsi sont donc appelés ici, des écrits censés relater la vie d’une personne connue. Une fois reprise cette petite histoire, nous allons attaquer le cœur du problème, ignorant les deux précédents styles. Ce billet se contentera de critiquer – gifler – le narcissisme de ces nouveaux journaux autobiographiques. Admettant la chose suivante : peut-être vais-je faire parti de cette population critiquable, mais au moins il subsiste une chose essentielle : j’ai [une] conscience.
Une œuvre particulière m’a donné envie d’écrire ce billet. Certains reconnaîtrons l’auteur, d’autre pas. Qu’importe, puisqu’il ne s’agit que du stéréotype vivant ; représentant une classe de population tombée dans le nombrilisme le plus absolu.
L’exubérance est une chose, mais beaucoup sont tombés à force de visites, dans la vanité. Je peux le dire aujourd’hui pour y être passé, prendre le visiteur pour un chiffre n’a pas exactement la même consonance qu’en lui conférant une vie – pc, clavier, souris, chien, appartement… -. De plus en plus d’auteurs, juvéniles, ont décidé d’étaler leur vie au travers de billets faussement compliqués. Partant du principe que : sous entendus, références mystiques ou anecdotes privées, pourraient faire le bonheur d’une foule incapable de comprendre, d’assimiler et par conséquent médusée par [en français dans le texte] « la beauté du texte ». Mais, puisque nous sommes entre amis, je vais vous confier un secret : l’écriture n’est [peut-être] pas donnée à tous, mais pour arriver à ce niveau il vous suffit de la pratiquer. Où « pratiquer » ici, ne veux pas dire « recopier bêtement » mais bien de se prendre pour un artiste. Il ne s’agit de rien d’autre d’ailleurs, et l’illusion n’est pas parfaite. Je la considère même comme ratée.
Raconter des vies, c’est quelque chose d’objectivement intéressant. La complainte, à travers les écrits ou les configurations des journaux ; devient lourde. C’est si facile d’écrire, si facile de se croire bon, si plaisant de se voir commenter. A force, certains n’arrivent même pas à s’assumer dans leur renoncement. Injustice donc, face à la vie. Eh oui, cette petite prétention touchant de plus en plus de monde, j’élague mes lectures. En même temps, je le déplore, je le regrette un peu aussi. Longtemps j’ai prit du plaisir à les lire, pour leur style agréable, pour leur réactions intéressantes, pour leur avis différents. Mais quel intérêt à lire « Le Journal d’un homme triste ». S’il n’était pas empreint de cet orgueil mal placé, si la transformation n’était pas intervenue pour en faire un amas d’écrits. Vides de sens pour tous, où des actions répétées sur l’environnement immédiat à la seule guise de « l’auteur » ont tué l’habitude du lecteur en l’impliquant dans les méandres de son soi. En se gardant de tout cela, l’intérêt aurait peut-être été préservé.
Je ne nie pas l’indépendance de l’auteur face aux lecteurs. Pour autant, dès la décision de s’afficher largement et publiquement, il me semble logique de répondre d’un certain comportement. Il est possible de garder la [sa] liberté, d’être, de s’affirmer, sans prendre son lectorat pour une bille.
Encore faut-il être humble.


26 avril, 2008 à 12:17
réflexion personnelle sur ce que tu as fait de ton blog ?
26 avril, 2008 à 16:18
ouff « amen » , je le retrouve mon petit baptiste
28 avril, 2008 à 8:43
@Gonzague > Il doit y avoir quelque chose comme ça, saurez vous retrouver la personne visée ?
@Jeabri > Je n’étais pas parti bien loin, il y’a quelque précédents articles tout aussi percutants à mon avis :-p
8 mai, 2008 à 16:01
[...] plus j’aime ce billet. [...]