Congrès de Versaille, les limites d’une démocratie
Parlons construction Européenne. Mais avant revenons quelques années en arrières, sous l’ère Chirac. L’idée de réformer les institutions européennes prenait de l’ampleur. Petit à petit. Les nombreux traités devenaient trop pesant, il fallait globaliser. Dès lors, pour mettre un terme à ce fouillis juridique, un français inventa la notion de « traité constitutionnel européen ». Et là débuta l’épopée épique visant à faire adopter ce traité par tous les États membres.
Il existe un problème de taille : les peuples. Il faut bien admettre que, même dans une communauté aussi tolérante que l’Union Européenne, les différences sont présentes (et la mixité des cultures est nécessaire), mais les intérêts ne sont pas toujours identiques. Pour conjuguer correctement les idéaux de chacun il fallait de la diplomatie. En France, pour que le traité soit mieux accepté, et par la force des choses, un référendum fut engagé par l’Élysée. L’aboutissement d’un tel vote aurait du s’apparenter à un plébiscite. C’était sans compter le tempérament rebelles des Français !
Vlan, la claque tomba. Non a 54,6%. Les Français, peuple souverain, venaient de rejeter le « traité constitutionnel Européen ».
Alors loin de moi l’idée de critiquer la nouvelle tentative visant à faire passer ce même traité (vaguement modifié) par voix parlementaire. Le président élu l’avait bien dit. Je m’interroge plutôt sur la légitimité d’une telle action. Il apparaît que le développement européen nécessite une meilleure uniformisation des institutions communes, et pour une pérennité plus saine il fallait un texte commun à fort caractère symbolique. Pourtant, est-ce que cela donnait le droit à une poignée d’élus de voter à l’encontre d’une décision souveraine ? J’en doute, en 2002 les français avaient votés contre ce texte. Il aurait été normal, à mon sens indispensable même, de les solliciter de nouveau pour une approbation (ou une réprobation). Où est l’opposition ? L’esprit démocratique ? Où sont donc les valeurs qui font que le pouvoir, la direction de la France, appartient au peuple ? Loin de nous apparemment…
Je reste donc septique. Que l’on soit pour le oui ou le non, tel n’est pas réellement le débat, il s’agit plutôt de savoir si nous sommes pour une démocratie populaire (sans tomber dans un communisme malsain). Peut-on déléguer un pouvoir a des députés qui n’auront que faire de l’avis de la majorité ? Tout cela démontre bien les limites d’un système. Il me semble qu’avec une telle action, c’est plus que des personnages qui viennent de perdre tout crédit, mais une fonction. Qu’est-ce qu’un député ? Quelqu’un simplement devenu trop ambitieux au fil du temps, prêt à voter à l’encontre de sa circonscription pour gagner des rangs dans l’échelon social ? Une nouvelle étape vient d’être franchie : celle du non respect d’un vote, d’une décision souveraine. Pis, aucune opposition réelle à cela. Car oui, refaire passer un même projet par des voix différentes que celle du peuple alors qu’il a été précédemment largement refusé, cela me semble plus qu’irréspectueux : dangereux pour une démocratie saine.
Je conclu en vous faisant remarquer que nombreux sont ceux qui ne veulent pas se mêler de politique. Pourtant elle nous concerne tous, ce que nous laissons passer aujourd’hui ne pourra faire que s’amplifier demain. Jusqu’à la crise.
3 commentaires sur : “Congrès de Versaille, les limites d’une démocratie”
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Al West on 11 fév 2008 at 15:10 #
Remarque sur le nain de l’Elysée, on ne peut pas trop le critiquer pour cette fois : il avait dit qu’il le ferait, il l’a fait (pour une fois qu’une “promesse” est tenue ou un engagement respecté…).
Bien d’accord avec toi sur le fond, mais le traité est passé cette fois comme le projet initial avait été rejeté par référendum (ce qui ne justifie rien) : mal.
Lors du référendum, son rejet était le fruit d’un désaveu présidentiel et de l’arrivisme de quelques uns qui en ont profité pour se faire de la pub, se refaire une place sous les feux de la rampe (suivez mon regard).
Baptiste on 11 fév 2008 at 19:31 #
@Al West : Qu’il respecte ce qu’il avait prévu (pour une fois) c’est absolument normal. Que l’opposition ne fasse pas son boulot, ça pose un sérieux soucis…
Al West on 12 fév 2008 at 9:55 #
Oki, Baptiste…
Bon, allez, l’esprit de sérieux me tue, et là, à 9h44, franchement, je craque, surtout quand la jeune femme (sans grâce et sans talent) préposée au rechargement de la machine à café met précisément 43 minutes à accomplir sa mission, et surtout (ô suprême provocation -faut que j’me préserve, faut que j’me préserve!) à l’heure ou je DOIS le prendre pour rester affable envers le personnel…
Et pour en revenir (conclure, en ce qui me concerne) à ton analyse, exact. Effectivement, y a pu d’opposition en ce moment (hormis le petit facteur, mais doit-il devenir autre chose qu’une simple “dream-machine” pour révolutionnaires idéalistes?
Je te laisse le soin de virer mon comm’ si tu considères qu’il est trop trollesque pour ton blog.
Cordialement.
Al.